Warm Bodies, Jonathan Levine

26 mars 2013
warm bodies cinema critique

 Un film de zombies, ça fait pas dans  le détail. Des effets grossiers, des règles de vraisemblance pas toujours expliquées, des raccourcis scénaristiques…, mais aller voir un film de genre, c’est aussi parfois faire l’impasse sur certaines incongruités, non? Cette parenthèse refermée, ouvrons en une autre. En effet, si Warm bodies s’aventure sur le terrain plutôt scabreux de l’histoire d’amour (impossible?) entre deux adolescents l’un vivant, l’autre mort ; rien à voir avec les bluettes mièvres de TwilightWarm bodies se place sur un terrain bien plus culotté et fin d’esprit, lui.

Les choses sont maintenant claires, entrons dans le vif du sujet…

Un virus méconnu a presque éradiqué toute civilisation sur la planète. Les quelques survivants se retranchent derrière des bunkers, à l’abri de ceux qu’ils redoutent, les fameux zombies… A l’issue d’une intervention chez les morts-vivants qui va mal tourner, Julie est sauvée par un mystérieux zombie. Un lien se tisse peu à peu entre eux… 

Tout de suite me reviennent les réminiscences de mes études en cinéma, peuplées de zombies le temps d’un semestre. Ici, pas de centre commercial où errent les zombies comme chez Romero, mais un autre lieu tout aussi intéressant, celui de l’aéroport désaffecté. Ici les zombies marchent également au ralenti & l’intro du film qui les présente est d’ailleurs parfaitement jubilatoire, mettant notamment en scène une « discussion » entre zombies à mourir de rire. Car précisons le, un film de zombie, c’est déjà comique mais là, un film de zombies qui parle de zombies, j’avoue être totalement sous le charme !

Pas aussi parodiesque que Shaun of the dead, Warm of bodies entreprend toutefois de belles incursions introspectives. Du coup cela donne des scènes très second degré qui nous mettent de suite à l’aise. Dès lors, la vivante Julie, qui a sans doute vu autant de Romero et de Carpenter que nous, se moque de la lenteur titubante de « R » (Nicholas Hoult) et apprend à faire la morte, d’abord de façon caricaturale…excellent.

Nicholas Hoult, Warm Bodies

Nicholas Hoult, Warm Bodies

Enfin, saluons la facilité de Warm bodies à allier le film d’horreur à une histoire romantique. Le pari était risqué, il est parfaitement relevé. Le parallèle avec Roméo & Juliette est finement travaillé tout au long du film, tel une jolie métaphore filée, jusqu’à oser la scène du balcon. Les héros ne s’appellent-ils pas d’ailleurs « R » et Julie ? Astucieux… Le chapeau revient quand même à Nicholas Hoult, magistral, portant le film sur ses épaules et du bout de ses beaux yeux bleus. Son regard est hypnotique, supra-expressif, comme une résurgence soudaine d’Eward aux mains d’argent. Assurément, Nicholas Hoult s’est pleinement imprégné du rôle burtonien pour jouer « R », le maquillage blanc, gris et les cicatrices bleu froid faisant le reste du parallèle… La citation est charmante, très bien orchestrée. « R » est décidément prêt à montrer que les monstres peuvent être adorables. N’en déplaise aux puristes, nous, on le croit !

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